Bio

 

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Comme je le mentionne sur ma page principale, je vu le jour le 30 octobre 1976. Mais je sais peu de choses des circonstances. Ma seule source, ma mère, bien qu'elle possède une excellente mémoire dont j'ai hérité, n'est pas une source très fiable pour diverses raisons.

Mais selon ce qu'elle m'a raconté, me donner la vie ne fut pas de tout repos pour elle. Déjà alors qu'elle était enceinte, elle devait lutter contre certaines personnes de sa famille qui entre autres voulaient la faire boire et lui fumait dans la face. Elle reçut même un coup de poing au ventre de la part de l'une de ses soeurs (toujours selon ses dires).

L'accouchement lui-même faillit l'entrainer dans la mort. Mais il est difficile de dire ce qui était le plus mortel pour ma mère. La douleur, les mauvais traitements des médecins et infirmières ou le simple fait d'être obligé de se mettre nue devant eux. Et comme si cela n'était pas assez, ma mère devait aussi s'inquiéter pour son mari épileptique qui n'avait pas une aussi bonne mémoire et oubliait souvent de prendre ses médicaments.

Je ne sais même pas s'il était présent à l'accouchement. Tout ce dont je me souviens, c'est une photo prise dans la chambre d'hôpital où il me tient dans ses bras et me regarde comme s'il n'en croyait pas ses yeux ou qu'il avait peur de casser son cadeau. J'étais effectivement son cadeau. Un jour, mon père a demandé à ma mère « fais-moi un enfant ». Ma mère est certaine que ma conception eut lieu lors de la baise torride qui suivit et qui, si ma mémoire est bonne, se termina sur les sanglots humides de mon père.

Très tôt, ma mère commença à me raconter tout plein d'histoires sur son passé, le mien, celui de mon père ou du reste de la famille. J'étais trop jeune pour me souvenir de tous les détails, mais aussi, ma mère me cachait parfois des choses qui heurtaient son côté pieux. Ma mère est une bonne petite fille chrétienne avec une foi presque inébranlable et, dans la vie, son plus cher désir, son but, est d'aller au ciel.

Déjà, alors qu'elle était toute jeune, elle se voyait au paradis terrestre avec son petit ange blond. Endroit où il lui suffirait de tendre un bras en l'air pour cueillir un fruit à manger. Blond, je le fus toute mon enfance. Bien que j'étais un cadeau pour mon père, ma mère désirait son ange blond longtemps avant de rencontrer son futur mari. Elle avait déjà choisi le prénom très rare dont elle voulait m'affubler. C'était telle une marque au fer rouge, un moule, une prophétie qui deviendrait mon fardeau, mes liens et mon supplice une fois intégré au système d'éducation, loin de la protection maternelle. Mais ça, elle n'en avait pas idée.

Elle m'a raconté comment elle a choisi ce prénom. Lorsqu'elle était encore jeune, elle rencontra un plus jeune encore garçon. Il lui raconta comment les gens et surtout les autres enfants le traitaient à cause de son prénom ridicule. Ma mère lui dit qu'elle aimait son prénom elle. Le garçon resta incrédule. Elle ajouta qu'elle comptait bien appeler son propre fils comme lui. Il en fut surpris et flatté, presque transformé et prêt à affronter ce monde.

Mais en réalité, son prénom, mon prénom, même si je vais probablement toujours avoir du mal à le prononcer lorsqu'on me le demande, n'a rien de ridicule. C'est, parait-il, un nom assez populaire en Italie. Mais, à part que j'aime bien les pâtes, je n'ai absolument rien d'italien. Selon ma mère, j'aurais plutôt du sang irlandais venant du côté de son père à elle. Mais elle n'en a jamais apporté la preuve. De mon ascendance, je ne connais rien de plus ancien que mes quatre grands parents. Et encore, à part pour le fait que la mère de mon père était anglophone, je ne connais pas leurs origines. Cela faisait partie des choses un peu tabou dont ma mère ne voulait pas parler.

Ma mère avait une quantité incroyable de tabous et d'interdits. Non seulement il y avait ceux inculqués de force par la religion et la société de l'époque, mais aussi toute une ribambelle plus loufoque les uns que les autres et contre lesquels j'ai souvent dû me battre pour avoir droit de vivre plutôt que simplement exister. Ma mère a toujours dit qu'elle n'était pas « mère poule ». Cependant, j'étais ce qu'elle avait de plus important au monde (et je le suis encore). C'est pourquoi elle souhaitait m'éviter toute expérience de vie qu'elle jugeait néfaste. Mais peut-être est-ce aussi à cause de son passé.

 

 

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Dernière modification de la page : 21-05-2010