Homosexuel de naissance ?

 

L'homosexualité est un ensemble de comportements acquis ou innés ?

 

On peut aisément trouver au moins un article sur le net traitant de ce sujet. Les spécialistes des comportements humains tel les médecins, les psychologues ou les sexologues se sont posés cette question depuis fort longtemps et si on prends le temps de regarder notre Histoire, on découvre que les scientifiques du passé penchaient plus pour une homosexualité acquise mais qu'au fil du temps, il devient même de plus en plus impopulaire de se prononcer sur la question.

Peu importe, je vais le faire quand même.

Si l'homosexualité était innée, cela ne voudrait-il pas signifier qu'il existerait bel et bien un gène de l'homosexualité ? Pourtant, les grands défenseurs des droits des gais diront presque tous que l'homosexualité n'est pas acquise, qu'un parent ne peut pas rendre son enfant homosexuel, qu'on ne devient pas homosexuel, nous le sommes à la naissance et on le découvre tout au long de notre vie, une fois adulte, à l'adolescence ou même durant l'enfance pour les individus plus précoces. Ceux qui défendent une homosexualité innée le font parce que selon eux si cela était un comportement acquis, il y aurait moyen de « désapprendre » le comportement en question, de se faire « reprogrammer » par un psychologue ou un psychiatre. Comme si nous ne savions pas aujourd'hui que forcer les gauchers à écrire de la main droite est une chose terrible (c'est peut-être un mauvais exemple puisque beaucoup croient qu'être gaucher ou droitier est innée).

Alors que pour moi, si un gène de l'homosexualité existait, cela serait terrible. Des parents pourraient décider de ne pas mener à terme une grossesse après un simple test d'ADN. La génétique est une nouvelle religion et comme le dieu unique des religions modernes, elle a le dos large. Tout ce qu'il est impossible d'expliquer simplement, tout ce qui ne peut pas encore être prouvé, tout cela devient mystérieux et l'homme moderne, malgré toute sa science moderne, ira de sa propre explication, associant tout phénomène inexplicable aux informations partielles déjà détenues. Nous savons donc que l'ADN est responsable de la taille d'un homme, de la couleur de ses cheveux, de la taille de son sexe et de la couleur de sa peau. Nous savons aussi que notre ADN contient parfois des informations sur certaines tares et maladies qu'un individu risque de développer au cours de sa vie.

Par contre, il n'y a aucune information dans la science génétique qui dit pourquoi un individus démontre une préférence pour le rouge, le bleu, le noir ou toute autre couleur de l'arc-en-ciel. Il n'y a pas non plus de gêne qui permettre de savoir d'avance que notre bébé n'aimera pas le brocolit mais qu'il adorera les asperges. Rien non plus ne peut nous révéler à l'avance quels talents il pourrait développer durant son enfance et son adolescence. La génétique n'explique pas non plus qu'un individus sera un grand amateur de musique classique ou qu'il recherchera les sensations fortes (vitesse, bunji, parachute).

Voyez-vous, je ne crois pas que l'homosexualité soit innée. Certaines personne croit qu'un cerveau, durant son développement intra-utérin, sera plus ou moins exposé à des hormones qui fixeront dès lors de façon irréversible les futurs désirs sexuels que son propriétaire ressentira tout au long de sa vie. Pourtant, si on prends un nouveau né, dans ses premiers jours, il ne sait même pas encore qu'il possède un organe sexuel. Et il ne l'apprendra réellement que lorsque ses mains pourront atteindre cette région de son corps.

Il me semble évident qu'un être qui n'est même pas encore conscient d'être, d'avoir un corps à lui, n'a aucun intérêt sexuel envers les autres corps qui le touchent, le caressent, le soigne, le lave, le nourrisent. Tout ce qu'il sait, c'est que cela le soulage lorsqu'un liquide plus ou moins jaunâtre s'écoule ou jaillit entre ses jambes.

Je crois que les jeunes êtres humains n'auront aucun intérêt envers la sexualité tant qu'ils ne seront pas aptes à découvrir leur propre corps et à comprendre que les adultes leur cachent beaucoup d'informations à ce sujet. Un jeune cerveau est avide d'informations et avide de découvrir le monde. Dommage que pour beaucoup d'individus cela se gâte dès qu'on les envois à l'école. Mais avant d'aller à l'école, beaucoup d'enfants vivront leurs premières expériences semie-sexuelles qu'on appelle aussi communément « touche pipi ». Bien que la majeure partie des parents sont terrifiés lorsqu'ils apprennent que leur enfants a vécus de telles expériences, elles sont pourtant très importantes et dans un monde idéal, les enfants y auraient droit.

Rendre malsain l'intérêt de l'enfant envers cela ne peut que décupler sont intérêt et provoquer un très lourd sentiment de culpabilité qui nuira à son dévelloppement. Mais nous ne sommes pas dans ce monde idéal et un parent qui permettrait à son enfant et ses amis du même âge de découvrir leur corps ensemble dans la chambre de l'enfant, par exemple, serait lui aussi vu comme pervers par les parents des autres enfants présents.

Néanmoins, malgré cela, tous les jours des enfants vivent des expériences diverses et au fil de leur vie, ces expériences les conduironts à dévellopper des préférences telles que leur plat préféré, leur couleur préférée ou leur préférences sexuelles (qu'on appelle aussi l'orientation). Parce que, en vérité, les mots « homosexualité », « hétérosexualité » et « bisexualité » ne dénotent que d'une seule chose, la préférence sexuelle de l'individu. Et ces trois mots ne représentent là que trois grandes familles de préférences. Un hétérosexuel ne se limite pas à aimer le sexe opposé. Une femme hétérosexuelle, par exemple, pourrait préférer les hommes grands minces rasés avec un membre viril de taille modeste et circoncis, et qui sont aussi capable de lui laisser le champ libre que de prendre le contrôle. C'est ça qu'on appelle les goûts et nos goûts sont rarement coulés dans le béton.

Lors de mes petites recherche sur le sujet (inné ou acquis), j'ai lu des commentaires de gens qui parlaient d'hommes qui vivent plusieurs dizaines d'années auprès d'une femme (qu'ils soient marriés ou non), ont des enfants puis, un beau jour ils quittent leur femme et leur enfants pour aller vivre avec un homme. Dans ces commentaires, les gens disaient « tu vois, c'est pas parce qu'on vit avec une femme qu'on est hétérosexuel » et certains ajoutaient même qu'un tel homme devait être homosexuel depuis toujours. Mais pourquoi donc ? Pourquoi faut-il que tout individu sois soit hétérosexuel soit homosexuel (et plus rarement bisexuel) ?

Dans le domaine des goûts des individus, il n'y a pas de clôture à sauter. Si un jour une femme qui a toujours détester les fruits de mer (ou la soupe aux choux) décide de se donner une nouvelle chance d'aimer ça et qu'elle tente le coup lorsqu'elle est conviée à la table d'une personne excellente en cuisine, est-ce qu'elle « saute la cloture » ? Si une personne qui a toujours détesté les animaux domestiques se voyait un jour dans l'obligation d'offrir le gîte à un pauvre petit minet qui risquerait de mourir gelé avec l'hiver qui approche à grands pas et que cette personne fini par s'attacher à la boule de poils, est-elle pour autant une amoureuse des chats depuis toujours ? Non, mais elle peut le devenir.

Dans la vraie vie, les changements de goûts des gens qui paraissent souvent être un changement radical ne le sont généralement pas. Personne n'est capable de dire ce qu'un autre individu a en tête. Nous ne connaissons pas les fantasmes des gens que l'on fréquente. Mais qu'est-ce qu'un fantasme ? Selon le dictionnaire, c'est une production de notre imagination et à ce titre, un artiste, qu'il soit auteur, sculteur ou peintre, produit souvent des oeuvres correspondant à ses fantasmes. Mais les fantasmes ne sont pas toujours de nature sexuelle. On peut les comparer à des rêves. Et à ce titre, aucun individu ne peut ni contrôler ses fantasmes ni savoir avec précision ce qu'ils signifient. De plus, pour un individu adulte normal, un fantasme, bien qu'il puisse parfois être l'expression d'un désir profond, ne doit pas nécessairement devenir réalité.

Selon mon expérience, les individus plus jeunes tel que les enfants, seront beaucoup plus désireux de réaliser leurs fantasmes que les adultes. Les enfants, s'ils les connaissent, ne comprennent pas toujours les règles que la société des adultes leur impose. Cela est souvent source de grande frustration. Que ce soit aussi simple que je ne pas avoir le droit de prendre les jouets d'un autre enfant ou de ne pas avoir le droit de regarder sous les jupes des petites filles.

Les interdits rendent souvent les choses plus attrayantes. Et le comportement homosexuel d'un jeune enfant ou des comportements perçus comme tels par les parents, seront tout de suite classés dans les interdits si les parents sont ne serait-ce qu'un peu homophobes. Ce qui fait généralement défaut lorsqu'un enfant s'intéresse à des choses plus ou moins interdites, c'est l'explication. Les parents vont souvent dire « tu vas comprendre plus tard ». Mais l'enfant, c'est maintenant qu'il a besoin d'en parler et de comprendre. Sinon cela peut se transmuter en obsession dans son esprit et il y a fort à parier qu'ils trouvera des réponses par lui-même ou par les autres enfants. Des réponses pas toujours idéales.

Une autre chose à laquelle les enfants sont confrontés dès qu'ils commencent à être conscient du monde qui les entoure est ce besoin propre aux animaux que nous sommes (oui, nous sommes bien des animaux puisque nous ne sommes pas des plantes) de nous comparer aux autres individus de notre espèce, voire même de nous comparer aux autres espèces. Rien de plus naturel. Tous les animaux le font. Ils s'approchent les uns des autres, se regardent, se renifles, se touchent, comparent leur parties génitales, s'amusent à « tester » leur force, etc. Et chez toutes les espèces, même les humains, ce besoin ne s'arrête pas à l'âge adulte. Il n'y a qu'à penser à des hommes sur le bord d'une route qui urinent en comparant la distance que parcourt leur jet.

Se comparer apporte un grand réconfort. Un garçon âgé autour de 10 ans qui croit avoir un défaut sur son « zizi » sera parfois très rassuré s'il a la chance de pouvoir comparer son membre à celui d'un ami. Mais ce peut aussi être l'inverse si l'un des garçon est circoncis et l'autre ne l'est pas. Néanmoins, cela est toujours bénéfique car il apprend qu'il existe autre chose, que les gens sont tous différents et qu'il a le droit à sa différence, que cette différence est normale.

Lorsque les besoins en la matière sont comblés, l'enfant se sentira libre de passer à autre chose. Je n'invente rien, plusieurs psychologues affirment que les garçons commencent normalement par se comparer entre eux avant de s'intéresser au sexe opposé. J'imagine que les filles aussi s'intéresseront à leur semblables avant de s'intéresser aux garçons. Mais il semble qu'elles comparent plutôt leur poitrine lorsque celle-ci commence à prendre de l'ampleur. Je n'en sais rien, je ne suis pas une fille.

Mais je sais que je ne me suis pas intéressé beaucoup au corps féminin et j'ai souvent le sentiment que c'est parce qu'on m'interdisait de m'intéresser au corps des autres garçons que mon besoin à ce propos s'est emplifié alors qu'il aurait dû diminuer avec le temps. Mon besoin est resté très fort jusqu'à mes 18 ans et même au-delà. Mais je restais sage. Car encore à cet époque je me voyais dans le futur avec femme, enfants et maison. C'était le rêve de ma mère depuis toujours et je le partageais. De toute façon, je n'aimais pas les hommes. Je les trouvais stupides et violents. À l'école qui est-ce qui me tapait dessus ? Toujours les garçons, même au secondaire.

Mon besoin de comparaison fut assouvi seulement une fois adulte par des vidéos cassettes pornos rapportées à la maison par mon père qui disait les avoir trouvées aux poubelles et ne savait pas ce qu'elles contenaient. Des films hétéros à moitié effacés par un enregistrement des Simpson. Ce que j'y vis, une fois le choc de la sexualité explicite encaissé (les cassettes ne comportaient pas d'étiquette et c'était mes premières images explicites), confirma mes craintes; il y avait un problème avec mon sexe. Un tout petit problème. Il fut « réglé  » peu de temps après, maximum un ou deux ans, par une « déchirure » vite guérie mais qui provoca un tel émoi qu'un fusible grilla et je me réveilla sur le sol dans la salle de bain.

Ma vie changea du tout au tout après cela.

Ce fut très rude et je ne souhaite cela à personne.

C'est un peu pourquoi j'ai dérappé sur ce texte et me suis laissé emporté sur un sujet somme toutes lié mais différent. Donc, si vous permettez, revenons à nos moutons.

Avec la vie que j'ai eue, mes expériences m'ont démontrées qu'il n'est pas nécessairement utile de vouloir à tout prix poser une étiquette sur sois ou sur les gens qui nous entourent. Un homme qui semble subitement, après de nombreuses années de mariage, sauter la cloture, n'est pas obligatoirement gai depuis toujours. Sinon que dire de ces hommes mariés (à une femme) qui composent un joli pourcentage de la clientèle des saunas gais ? On ne peut pas dire qu'il sont homosexuels car ils aiment tout autant leurs rapports sexuels avec leur femme. Sont-ils bisexuels ? Si on tient à leur apposer une étiquette, oui, c'est ce qu'ils sont.

Sans ces étiquettes que notre société adore apposer par millier sur tout individu, on ne se demanderaient même pas si l'homosexualité est innée ou acquise. Je dirais même plus. L'homosexualité n'existerait pas. Pas plus que la bisexualité ou l'hétérosexualité. Cela s'appellerait simplement la sexualité et, bien que nous continuerions à nous intéresser aux préférences de chacun et à nous comparer, tous et chacun nous serions libres de vivre les expériences sexuelles que l'on souhaite, sans se poser de questions.

Comme je l'ai dis plus haut, nous sommes des animaux. Mais nous sommes les seuls dans le règne animal à se demander si c'est bien qu'on ressente du plaisir, au lieu de simplement en profiter.

 

 

 

 

 

Dernière modification de la page : 8-08-2010